
Reine de la Nuit
Die Zauberflöte · Mozart en piste · La Petite Flûte enchantée
14 OCTOBRE 2026
Welcome !


« There is something very natural about her voice in this repertoire, and the role suited her beautifully. »
OPERA DIARY

Die Zauberflöte · Mozart en piste · La Petite Flûte enchantée

Pinocchio · tournée française

Diplômée de l’HEMU de Lausanne (Bachelor et Master soliste), ViBe Rouvet est lauréate du 2e prix Kattenburg 2024 et Jeune Talent Musica 2023. En 2026, elle incarne Violetta dans La Traviata à Sion.
Formée à la Haute École de Musique de Lausanne, ViBe Rouvet est diplômée d’un Bachelor en chant classique puis d’un Master en interprétation spécialisée soliste, dans les classes de Frédéric Gindraux et Jean-Philippe Clerc. Elle approfondit son travail auprès d’artistes tels que Lisette Oropesa, Barbara Hannigan, Patricia Petibon, Nino Machaidze, Véronique Gens et Gary Magby.
En 2023, le Festival Musica Le Mans la distingue comme Jeune Talent Musica. Elle y aborde notamment Barberina dans Le Nozze di Figaro et Crobyle dans Thaïs, avant d’y interpréter Zerlina dans Don Giovanni. En octobre 2024, elle remporte le deuxième prix du Concours Kattenburg sur la scène de l’Opéra de Lausanne.
Son répertoire associe la virtuosité mozartienne à un goût marqué pour les héroïnes théâtrales et les écritures du XXe et du XXIe siècle. Elle travaille notamment Ophélie dans Hamlet d’Ambroise Thomas, Pierrot Lunaire de Schoenberg et l’univers de Lulu d’Alban Berg.
En mars 2025, elle incarne la Reine de la Nuit dans Die Zauberflöte avec l’Orchestre du Palais Royal à Paris, sous la direction de Jean-Philippe Sarcos. Elle retrouve ce rôle à l’Opéra de Lausanne en novembre 2025. En juin 2025, elle chante la Princesse et la Chauve-Souris dans L’Enfant et les Sortilèges de Ravel au Festival Ravel à Ciboure.
Début 2026, elle est doublure officielle de Sophie Burgos au Théâtre du Châtelet pour le rôle de Mara dans L’Annonce faite à Marie de Philippe Leroux.
À l’été 2026, elle franchit une nouvelle étape en faisant ses débuts en Violetta Valéry dans La Traviata de Verdi à Sion avec Ouverture-Opéra, du 28 août au 23 septembre.
À partir de novembre 2026, ViBe rejoint La Co[opéra]tive pour interpréter la Fée dans Pinocchio de Philippe Boesmans. La tournée, annoncée jusqu’en avril 2027, doit l’amener dans plusieurs opéras et théâtres français, notamment à Rennes, Massy, Compiègne et au Théâtre de Cornouaille.
En parallèle de l’opéra, elle développe avec l’ensemble Erinnerung un dialogue entre voix, piano et danse néoclassique. Le projet est distingué au concours Lavaux Classic en juin 2024. Récitals, mélodie, Lied et rencontres avec d’autres disciplines prolongent cette recherche d’une musique vivante, directe et profondément liée à l’émotion.






























Du 28 août au 23 septembre 2026, ViBe incarne Violetta à l’Usine de Chandoline. La presse accompagne ce début dans un rôle dont elle rêvait depuis l’enfance.

“There is something very natural about her voice in this repertoire, and the role suited her beautifully.”LIRE LA CRITIQUE

“Violetta Valery was truly my number one dream role.” — ViBeLIRE L’INTERVIEW
Le reportage de Couleurs locales sur la production de Sion, pour les vingt ans d’Ouverture-Opéra.
VOIR LE REPORTAGE 


« On admire aussi la prestance et la truculence du Papageno d’Adrien Fournaison, ainsi que les vocalises précises et acérées de La Reine de la Nuit de (la soprano) Vibe Rouvet. »ConcertoNet ©
« Vibe Rouvet a l’aplomb nécessaire pour cette si attendue Reine de la Nuit et de belles vocalises sur le souffle. »Le Temps ©
L’Annonce faite à Marie · Doublure de Sophia Burgos pour le rôle de Mara · direction Ariane Matiakh · mise en scène Célie Pauthe · Ensemble intercontemporain.
CHÂTELET
« La grande musique ! »CRANS-MONTANA CLASSICS


















Le premier album de ViBe Rouvet, présenté par l’HEMU : un projet discographique à écouter comme un récit, entre souffle, mémoire et présence.


« Journal d’un souffle disparu est conçu comme un voyage intérieur, une traversée de la mémoire. »
À travers un parcours de mélodies françaises de Debussy, Chaminade, Séverac, Poulenc… se glissent des fragments de texte que j’ai écrit : lettres, pensées, souvenirs, qui laissent peu à peu apparaître le portrait d’une femme errant dans la brume, revivant les traces d’un amour disparu.
Chaque mélodie devient un lieu où les souvenirs se transforment. Le chant est une passerelle entre présence et absence, devenant le seul lien entre ce qui reste et ce qui s’efface. Au fur et à mesure que les pièces s’enchaînent, une voix intérieure semble émerger, fragile mais persistante, comme si le passé cherchait encore à ressurgir à travers la musique.
J’ai souhaité que les textes accompagnant ces enregistrements, au contraire d’une histoire continue, laissent apparaître des morceaux d’un journal intime, dispersé dans le temps…
Ces textes invitent l’auditeur à écouter autrement : ils prolongent la résonance de chaque mélodie et permettent d’entrer dans une intimité où rêve et souvenir se confondent.
ViBE
Ce matin-là, le ciel avait la pâleur du souvenir. Le silence était suspendu, comme à l’orée du songe. Et cette douleur exquise, si douce à mon cœur… Il ne me reste de toi qu’une image vacillante. Reflet de ce rêve que nous n’avons pas fait ensemble Est-ce toi ou l’écho d’un désir ancien ? J’attends encore ton apparition.
Entièrement abandonnée, Ce corps contre le mien, nos souffles qui se cherchent, cette chaleur lente, montante, comme une marée douce. J’ai fermé les yeux. Chaque silence devenait une promesse. Juste cette langueur heureuse, ce feu tranquille qui crépite sans faire de mal. Il me semble que la terre s’est arrêtée un moment, pour nous laisser seuls.
J’aimerais la nommer encore et te l’écrire toujours, C’est l’extase langoureuse.
Il n’y a plus rien ici que la cendre des choses. Chaque jour se ressemble et tout s’efface. Mais là-bas… Tout y serait luxe, calme, et volupté. Te souviens-tu, ma sœur, ce rêve d’un ailleurs qui ne mentirait pas ? Un lieu suspendu où l’amour ne s’abîmerait pas dans le réel.
Que serions-nous lui et moi… Peut-être rien. Laissons tout derrière nous petite sœur, et répondons ensemble à l’invitation au voyage.
Je hais la fidélité des saisons. Elles reviennent sans pudeur, comme si rien n’avait changé… Les Lilas ont refleuri cette année, à la même place, avec la même innocence, le même parfum d’insolence douce. Mais toi, tu n’es plus là.
Je ne comprends pas cette manière qu’a le monde de recommencer sans nous. C’est une forme cruelle d’oubli. Ils fleurissent simplement sans savoir que c’est ici…
Mais soudain j’ai compris, Ce ne sont pas les Lilas que je pleure.
C’est l’année dernière.
Hier soir, je suis restée longtemps à les observer. Quelle étrange et fascinante créature que le hibou. Ils sont là, immobiles sous les ifs, comme s’ils attendaient quelque chose que le monde a oublié.
Ce n’est pas en fuyant qu’on échappe. Ceux qui changent de place emportent avec eux le tumulte qu’ils croient fuir.
Alors ce soir, comme eux, je suis restée. Et j’ai appris à regarder sans bouger, les hiboux.
Je l’entends parfois encore. Ce galop. Il chevauchait vers moi — avec l’ardeur de ceux qui croient qu’ils arriveront à temps. Mais le chemin était trop long. Ou la fin trop proche. Le glas résonne plus fort que ses sabots. Depuis, le silence a cette forme : Quatre sabots dans la brume, et un cri qui n’arrive pas. Tout comme ce petit cheval.
Le matin s’est allongé dans la rivière pendant que les arbres refermaient leurs bras au-dessus de moi. Je ne cherche plus de visage, plus de signe, plus de retour. Je suis là, dans l’ombre silencieuse. Et pour la première fois depuis toi, je respire sans effort. Il n’y a plus de promesse, plus de douleur non plus. Seulement cette brume qui passe, et mon corps qui devient paysage.
Sur mon visage coule sirupeusement l’ombre des arbres.
J’ai marché des heures dans cette ville. Le vent portait des odeurs de pierre, de métal et de solitude. Tout se bousculait dans une immobilité déroutante. Les regards glissaient sur moi comme l’eau sur le verre.
Ses lignes droites, ses murs gris, ses pas rapides. Rien ne te ressemble ici. Pourtant tout rappelle ton absence. Montparnasse.
La ville s’est laissée traverser par l’eau, et l’eau par la nuit. Entre les deux, un pont retient tout ce qui ne sait plus où aller.
La peau garde la mémoire de ce qui l’a un jour frôlée, Sans savoir si c’était une promesse ou une perte.
J’aimerais pouvoir traverser les ponts de Cé.
Il n’y a plus de lilas. Ils ont fleuri une fois. Et cela a suffi, Pour que leur absence devienne une saison. Ce qui faisait leur printemps n’existe plus, Eux au moins, ne feront pas semblant de revenir.
J’écris cette ballade pour me souvenir des chants anciens. Ceux où les reines avaient le droit de mourir d’aimer…
Au bord des eaux dormantes, La reine allait pleurant, De ses mains frémissantes, Comme feuilles au vent. Elle aimait chanter la nuit, Dispersant ses regrets. Hélas, nul cœur n’oublie, La royne morte d’amer.
Dans sa tour aux pierres grises, Son chant montait si haut, Que même l’aube captive, N’osait répandre mot. Nul écho ne répondit, Et le glas était prêt. Hélas, nul cœur n’oublie, La royne morte d’amer.
Mais sous la lune fidèle, On grava sur la pierre, Le doux nom de cette belle, Qui mourut sans prière. Et le vent seul lui permit, De porter ses secrets. Hélas nul cœur n’oublie, La royne morte d’amer.
Prince, gardez en mémoire, La belle et son histoire, La royne morte d’amer.
« Hélas ! que nous oublions vite… J’y songeais hier en trouvant Une petite lettre écrite Lorsque je n’étais qu’une enfant. Je lus jusqu’à la signature Sans ressentir le moindre émoi, Sans reconnaître l’écriture, Et sans voir qu’elle était de moi. En vain je voulus la relire, Me rappeler, faire un effort… J’ai pu penser cela, l’écrire, Mais le souvenir en est mort ! Ô la pauvre naïve lettre, Écrite encore si gauchement… Mais j’y songe, c’était peut-être Ma première, un événement ! Jadis à ma mère ravie Je l’ai montrée en triomphant. Est-il possible qu’on oublie Sa première lettre d’enfant ! Et puis le temps vient où l’on aime, Et l’on écrit… et puis un jour, Un jour on l’oubliera de même, Sa première lettre d’amour ! » Et j’oublierai toutes celles-ci. Il le faut. Pour que le souvenir meure aussi avec elles. Alors toutes ces lettres se tairont. Non par oubli, mais par repos. Et si un jour je retombe sur ces pages, Peut-être ne saurai-je plus Qui parlait en elles. Peut-être dirai-je : « J’ai pu penser cela, l’écrire… » Alors je sourirai. Comme on sourit à une ancienne voix, Qui nous a portée, Avant de se taire.
Journal d’un souffle disparu
CD & Livret de textes intimistes de ViBE Rouvet © 2026